À la tête d’un parcours exemplaire dans la gastronomie française, Stéphanie Le Quellec incarne une cuisine exigeante, sensible et profondément humaine. Cheffe étoilée du restaurant La Scène à Paris et jurée emblématique de Top Chef, elle avance avec une constance rare : celle de la passion vécue comme un moteur quotidien, jamais comme une contrainte.
Lorsqu’elle évoque ses premières émotions de table, le souvenir est précis, presque intact. Elle a 19 ans, pousse pour la première fois les portes du mythique George V et découvre une langoustine accompagnée d’une délicate nage de citron vert. Un plat simple en apparence, mais fondateur. « C’est la première fois que j’ai été vraiment émue par une assiette », confie-t-elle. Cette émotion initiale, faite de justesse et d’équilibre, semble encore guider aujourd’hui sa manière de penser la cuisine.
L’ombre d’un maître
Dans son panthéon personnel, une figure tutélaire demeure : Paul Bocuse. Elle a eu l’occasion de le rencontrer, mais jamais de cuisiner à ses côtés. « J’aurais rêvé de pouvoir le faire », admet-elle, avec respect et admiration. Une référence assumée, non pas pour imiter, mais pour prolonger un héritage : celui d’une cuisine sincère, lisible, ancrée dans le réel.
Une histoire de partage
La transmission occupe d’ailleurs une place centrale dans son discours. À un jeune passionné qui souhaiterait suivre sa voie, Stéphanie Le Quellec ne parle ni de gloire ni de sacrifices, mais de fondamentaux. « Patience, passion et travail », énonce-t-elle comme trois valeurs cardinales. Trois piliers qu’elle considère comme essentiels et qu’elle s’efforce de transmettre, en cuisine comme à l’écran.
Savoir s’adapter
Cette capacité à transmettre se retrouve aussi dans son regard de jurée. Pour elle, un bon candidat de Top Chef n’est pas seulement un technicien brillant, mais quelqu’un qui sait « rebondir et s’adapter ». Une qualité précieuse dans un métier où rien n’est jamais figé, où chaque service impose de se réinventer.
La passion avant tout
Quant aux sacrifices souvent associés à la profession, la cheffe refuse le mot. « On ne le ressent pas comme un sacrifice », explique-t-elle. L’engagement est total, certes, mais porté par une passion si forte que même les absences et les contraintes deviennent naturelles. À travers ses mots, Stéphanie Le Quellec dessine le portrait d’une cheffe habitée, rigoureuse et généreuse. Une femme qui cuisine autant pour transmettre que pour créer, et pour qui la gastronomie reste avant tout une aventure humaine.


